L'équation de la vague : pourquoi 70 × 4 × 3 = 840 observations
Ce que change la structure d'un batch de mesure quand on décide qu'il doit être versionné, reproductible et opposable.
Chaque discipline a son unité de compte. En marketing digital, on compte des clics. En audience TV, on compte des minutes. En mesure d'audience web, on compte des sessions. Dans la mesure de la représentation générative, nous avons décidé de compter des observations.
Une observation, c'est : une question × un moteur × une itération. Rien de plus, rien de moins. Toutes les métriques que nous publions se comptent en observations. Pas en occurrences textuelles, pas en mentions cumulées, pas en scores composés. Cette contrainte est notre boussole. Elle limite ce que nous pouvons affirmer, mais elle rend nos affirmations tenables.
Pourquoi ce chiffre exactement
70 questions × 4 moteurs × 3 itérations = 840 observations par vague. Chaque nombre est un choix explicité.
Les 70 questions se répartissent en trois familles. Trente-cinq sans nommer la destination (unbranded), trente-et-une nommant la destination (branded), quatre comparatives. Cette répartition n'est pas arbitraire : elle reflète les intentions du voyageur telles qu'observées dans les journaux de recherche des sites tourisme depuis quinze ans. Les questions inspirationnelles dominent en volume, les questions pratiques suivent, les comparatives sont plus rares mais très denses en signal.
Les 4 moteurs représentent l'écosystème génératif de 2026. Anthropic Claude, OpenAI GPT-4o, Google Gemini, Perplexity Sonar. Pourquoi ces quatre-là ? Parce qu'ils couvrent la totalité de la surface accessible aux voyageurs francophones à ce jour. Meta AI et Mistral pourraient venir s'ajouter en 2027. Le protocole prévoit leur intégration sans modification structurelle.
Les 3 itérations à 24 heures d'écart servent une seule fin : mesurer la stabilité inter-itération. Une observation isolée peut être un accident. Trois observations concordantes révèlent une propriété du système. La stabilité de 97,86 % mesurée sur la vague Béziers valide le protocole. Elle ne valide rien d'autre. Elle ne dit surtout pas que les IA disent vrai.
Pourquoi versionner
Un protocole non versionné est un protocole qui dérive. En sciences sociales, on connaît le biais de la révision silencieuse : le chercheur ajuste sa méthode pour obtenir un résultat plus lisible, sans le signaler. Nous refusons ce biais. Chaque vague porte un identifiant unique, un statut de clôture, un jeu de fichiers JSONL immuables avec empreintes SHA-256 vérifiables. Le corpus est verrouillé au démarrage. Le bassin comparatif est verrouillé. Le catalogue d'entités est verrouillé. La configuration du moteur est verrouillée.
Une modification du corpus impose une nouvelle vague. Pas une révision de la mesure en cours. Cette règle vaut dans un sens : elle vaut aussi dans l'autre. Personne, pas même nous, ne peut modifier rétroactivement une vague publiée. Statut BEZIERS_V0.2_TECHNICALLY_CLOSED, lecture seule. C'est écrit dans les métadonnées, c'est visible sur la plateforme, c'est vérifiable par empreinte.
Notre archivage suit une logique append-only : on ajoute des vagues, on ne modifie jamais celles publiées. Cette discipline coûte cher en gestion, mais elle est la seule qui rende la comparaison inter-vague possible.
Pourquoi documenter les points d'attention
Nous publions les points d'attention méthodologiques (préfixe IV pour Integrity Verification) dès la première version. La vague Béziers en documente trois. Aucun d'entre eux ne dévalorise la mesure. Tous la qualifient.
L'IV-01 signale que les timestamps sont conservés au niveau global de chaque itération, pas au niveau de chaque observation individuelle. Correction prévue en v0.3. L'IV-02 signale que Google et Perplexity ne datent pas les alias de leur modèle, contrairement à Anthropic et OpenAI. L'IV-03 signale que l'itération 3 de la vague Béziers a été lancée à 2h01 avant les 24h strictes de cadence, sans effet observable sur la stabilité.
Ces trois points sont écrits dans le rapport. Ils sont écrits dans les métadonnées. Ils sont écrits sur le site public. Ils ne bougent plus. Une future version corrigera les IV-01 et IV-02. Elle ne fera pas disparaître les mentions actuelles. Elle datera les corrections.
Ce que 840 observations permettent d'affirmer
Sur un batch de 840 observations, une découvrabilité de 40,48 % (170 mentions sur 420 observations unbranded) est robuste. L'intervalle de confiance statistique à 95 % est de ±4,7 points, ce qui signifie que si la vague était relancée à l'identique, on obtiendrait une découvrabilité entre 35,8 % et 45,2 % avec 95 % de chances. C'est suffisant pour prendre une décision. Ce n'est pas suffisant pour distinguer 40 % de 41 %.
À 840 observations, on peut affirmer qu'une famille d'intentions performe. On peut affirmer qu'une entité manque. On peut affirmer qu'un moteur cite plus qu'un autre. On ne peut pas affirmer qu'une action éditoriale précise, prise hier, a fait bouger le chiffre d'aujourd'hui. Pour cela, il faut au moins deux vagues comparables et un écart au-delà de la marge de fluctuation.
C'est pour cette raison que nous vendons deux formats différents. Le benchmark ponctuel donne un état des lieux. L'observatoire annuel avec quatre vagues trimestrielles permet le suivi dans le temps. Les deux ont leur place. Aucun ne prétend à ce que l'autre offre.
Ce que 840 observations ne suffisent pas à dire
Une mesure honnête inclut ses angles morts. Notre protocole ne mesure pas la qualité des réponses des IA. Une IA peut mentionner Béziers dans 70 % des cas avec une réponse superficielle ou factuellement fausse. Nous verrons la mention, nous ne verrons pas la qualité. La véracité factuelle relève d'un autre exercice, plus coûteux et plus subjectif, que nous n'incluons pas dans le protocole standard.
Notre protocole ne mesure pas non plus le comportement du voyageur en aval. Une destination fortement citée par ChatGPT peut avoir un taux de conversion faible dans son offre commerciale. La mesure du GEO est une mesure d'exposition, pas de conversion.
Enfin, notre protocole s'appuie sur une capture à l'instant T. Les IA évoluent chaque semaine. Une vague publiée en mars 2026 décrit la représentation générative en mars 2026. Elle ne prédit pas celle de septembre. C'est pour cette raison qu'un observatoire trimestriel a du sens.
Conclusion
Une équation simple à retenir. Un protocole exigeant à opérer. Une discipline collective à tenir : refuser la mesure floue, refuser la dérive silencieuse, refuser la valeur qui n'est reliée à aucune observation.
70 × 4 × 3 = 840. C'est peu à côté d'un panel Nielsen. C'est déjà beaucoup pour ce qui n'a jamais été mesuré. C'est juste ce qu'il faut pour prendre des décisions défendables sur le sujet le plus flou du marketing tourisme de 2026.